Qu’est-ce que la confraternité ?

Qu’est-ce que la confraternité ?

Qu’est-ce que la confraternité ?

Pour bien comprendre le sens d’un mot, il faut souvent revenir à son étymologie. Confraternité vient du latin « cum » (avec) et « fraternités », (relations entre frères, entre peuples), lui-même dérivant de frater : frère. Cela renvoie donc à la notion de fraternité, aux valeurs qui en découlent (solidarité amitié), et à la notion d’appartenance à un même corps.

La fraternité en elle-même est un lien moral, donc on peut en déduire que la confraternité est aussi un lien moral qui unit ou devrait unir les membres d’un même corps professionnel  dans un esprit de solidarité et d’amitié. Cela implique, de fait, d’autres valeurs comme le respect mutuel des différences et la tolérance, la confraternité contribuant ainsi à la paix entre les membres du groupe.

ART. 51. Du code de déontologie marocain- « Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité́. Celui qui a un dissentiment professionnel avec un confrère doit d’abord tenter de se réconcilier avec lui; s’il n’a pas réussi, il peut en aviser le président du conseil régional de l’ordre.»

Article 56 code français (article R.4127-56 du code de la santé publique)

Les médecins doivent entretenir entre eux des rapports de bonne confraternité.

Un médecin qui a un différend avec un confrère doit rechercher une conciliation, au besoin par l’intermédiaire du conseil départemental de l’ordre.

Les médecins se doivent assistance dans l’adversité.

1 – Confraternité.

Le médecin au regard de la médecine l’élément d’un corps qui le rend dépendant des autres membres auxquels le rattachent des liens indispensables, confraternels. Le patient ne peut être toujours suivi, ni accompagné, ni traité par le médecin de façon individualiste.

Ainsi le corps médical doit vivre dans la confraternité. Il est uni par un état d’esprit commun, celui d’une profession de responsabilité et d’action, par une formation intellectuelle particulière, alliant science et humanisme.

C’est une solidarité et une entraide nécessaires à l’accomplissement de la mission médicale. Les médecins ont besoin les uns des autres, en complémentarité, non seulement au chevet des patients, mais aussi dans le domaine de la prévention, dans l’accès aux avantages sociaux, dans la reconnaissance des droits de leurs patients.

Les médecins doivent donc se connaître et savoir travailler ensemble, sans qu’une bonne entente entre eux ne devienne jamais une connivence au détriment du patient. L’expérience a montré que lorsque des différends existent entre les praticiens qui s’occupent d’un même patient, celui-ci risque d’en pâtir.

Il est de bonne pratique qu’au moment de son installation – ou d’une réinstallation – le médecin se présente à ses confrères voisins généralistes et spécialistes. Il lui est conseillé de nouer des relations avec les établissements de santé de la région. Les rencontres entre médecins, dans les réunions scientifiques, ordinales ou amicales, sont toujours bénéfiques.

Cette confraternité de principe se traduira par des attitudes, des comportements qui soient clairs, en particulier, vis-à-vis des patients ; lorsqu’un médecin croit découvrir une erreur commise par un confrère, la meilleure conduite consiste à entrer en rapport avec lui. Il en est de même en bien d’autres circonstances. Le patient ne doit jamais être ni l’objet ni même le témoin d’affrontements entre praticiens qui se disent confrères. Le médecin ne doit jamais médire d’un confrère dans l’exercice de sa profession, mais plutôt prendre sa défense s’il est injustement attaqué.

ART. 53. – Les médecins se doivent toujours entre confrères une assistance morale. Il est interdit de calomnier un confrère, de médire de lui ou de se faire l’écho de propos capables de lui nuire dans l’exercice de sa profession. Il est de bonne confraternité́ de prendre la défense d’un confrère injustement attaqué.

ART. 54. – Une dénonciation formulée à la légère contre un confrère constitue une faute. Une dénonciation calomnieuse est une faute grave.

Le médecin qui a acquis la preuve qu’un confrère a commis une faute grave contre la déontologie a le devoir de rompre toute relation professionnelle avec lui. Il ne peut donner les raisons de cette rupture qu’au président du conseil régional.

ART. 55. – Le détournement ou la tentative de détournement de clientèle est interdit. Malgré les difficultés qui atteignent un grand nombre de médecins, la dignité et la retenue restent aux yeux des patients des sources de considération, de confiance qui valent mieux que quelques blessures d’amour-propre.

Il est aussi attendu du médecin, qu’il soit, ou non, enseignant ou maître de stage, praticien hospitalier ou médecin remplacé, qu’il partage ses connaissances et son expérience avec les étudiants en médecine durant leur formation.

Cette relation de compagnonnage requiert de part et d’autre considération et respect.

2 – Différends et conciliation

Les origines des désaccords entre médecins sont multiples. Ils peuvent, du fait de leur importance, être portés devant les juridictions disciplinaires. Compte tenu de l’implication de nombreux facteurs dans les situations litigieuses et de leurs intrications, il est souvent nécessaire, dans un souci de clarification, de recueillir les avis et conseils d’une personne tierce, expérimentée et capable de procéder à un réexamen de l’objet et des circonstances d’un désaccord. Non seulement c’est une recommandation de bon sens, mais plus encore une obligation : le médecin doit rechercher une conciliation, il s’agit là d’une règle déontologique.

Le conseil régional de l’Ordre constitue, l’intermédiaire privilégié entre les protagonistes d’un désaccord.

3 – Entraide

Au-delà d’une obligation morale, l’assistance aux confrères en détresse est aussi une obligation déontologique et confraternelle ; le terme détresse devant être entendu au sens large englobant les difficultés de santé, matérielles, morales, sociales et professionnelles. Elle concerne tous les médecins quelle que soit leur forme d’exercice.

Alors qu’il est attendu beaucoup du médecin en termes de compétence et de disponibilité, les exigences qui pèsent sur son exercice sont de plus en plus lourdes. Le surmenage qui peut en résulter, une situation familiale délicate, un accident, une maladie plus ou moins grave, parfois occultée, sont autant de situations susceptibles de provoquer un isolement tant professionnel que social du médecin.

L’obligation d’assistance a toujours été présente dans tous les serments médicaux depuis l’origine. Il est vrai que les médecins et leurs familles, en cas d’épreuve, comptent sur le soutien de la communauté médicale.

Parfois des médecins malades se retrouvent dans une situation financière difficile alors qu’il faut développer , par exemple pour les libéraux, des assurances complémentaires permettant de couvrir le délai de carence dès une période de jours à déterminer. Cette idée reste à murir.

Les situations nécessitant d’assurer une assistance à un confrère en difficulté ne manquent pas. Cette assistance peut être :

Matérielle, qui se fait de plus en plus rare : aide financière ponctuelle, délais de paiement de frais professionnels…

Professionnelle par des remplacements, par la tenue ponctuelle de cabinet, et l’aide organisationnelle ou administrative…

Morale et psychologique : il s’agit désormais d’un volet essentiel de l’entraide individuelle. La profession doit être solidaire et le “confrère de proximité” est souvent le mieux à même de déceler les difficultés, d’apporter son réconfort et, s’il le juge utile, de prodiguer ses conseils. Les modes d’exercice en équipe qui se généralisent facilitent tant la veille que cette forme d’assistance.

Tout médecin qui a connaissance des difficultés d’un confrère doit s’en ouvrir à lui, lui proposer son aide et le convaincre de se rapprocher du conseil régional qui,  peut enclencher plusieurs niveaux d’aide et d’assistance.

Enfin, en cas de décès du médecin, le conseil départemental apporte aide et conseil à la famille.

 

Par:
Dr. F. NIANE